Winter Cities / le design actif hivernal

December 14, 2016

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The following is a transcript of an interview given by Eric Turcotte on December 8, 2016, with CBC’s French-language radio program Les éclaireurs. Stream the program here.

Est-ce que les villes et municipalités sont proactives dans la planification et l’aménagement de leurs espaces publics pour répondre aux contraintes de l’hiver?

 Que font-elles pour encourager les gens à sortir et à rester actif plutôt que de rester hiberné et quelles sont les stratégies et initiatives qui visent le design actif en hiver?

 Comme dit Gilles Vigneault « Mon pays ce n’est pas un pays c’est l’hiver » mais ce qu’il ne dit pas c’est que c’est long et que c’est une saison difficile pour bien des gens car il fait froid et c’est difficile de se déplacer pour les personnes plus âgées et les petites familles, et souvent on préfère rester à l’intérieur bien au chaud ou encore aller au centre d’achat plutôt que d’affronter les affronts imprévisibles de l’hiver. Quand il fait -30, personne ne veut être dehors.

Les villes travaillent fort pour trouver de nouvelles façons de garder leurs citoyens heureux et en santé pendant la saison hivernale. On pense bien sûr à celle qui ont de grands festivals comme le Carnaval de Québec et le Winterlude d’Ottawa, le festival Montréal en Lumières, qui profite des journées plus courte en misant sur des spectacles et œuvres lumineuse intéractive. Ou encore le IglooFest de Montréal qui est un festival de musique électronique qui fait danser les gens dehors, en habit de ski. On a aussi tous patinés sur une patinoire de quartier ou sur une plus grande comme celle du Nathan Philip Square à Toronto, celle du Vieux Port de Montréal, ou encore sur le canal Rideau à Ottawa pour se rendre au travail.  On a tous aussi fait du ski de fond dans un parc ou glissé sur une pente locale sur un « crazy carpet ».

Malheureusement, aujourd’hui beaucoup de villes font des coupures de budget, le climat est imprévisible et les avocats sont devenus les ennemis de l’hiver. Les pentes où on peut encore faire « officiellement » du toboggan sont en voie de disparition pour des raisons dites « de sécurités ».

Malgré tout, les villes pensent et cherchent à planifier pour la période hivernale, afin que leurs citoyens puissent en profiter pleinement.

 Comment les villes tiennent-t-elle compte des conditions dans leur planification ?

En général, les villes canadiennes, comme partout ailleurs, ont des règles d’urbanismes qui tiennent compte des conditions climatiques que ce soit en hiver ou en été. Par exemple, on intègre maintenant un podium ou base aux bâtiments en hauteur afin de mitiger l’effet de « canyon » et réduire l’intensité des vents. On essaie de minimiser l’ombrage sur les espaces publics, dont les parcs et trottoirs et de maximiser les périodes d’ensoleillement. On encourage les marquises et auvents pour protéger les piétons des intempéries.

 Quelles villes se démarquent pour leurs initiatives hivernales et que font-elles de spécial ?

Bien, Winnipeg est une ville qui a toujours fait beaucoup pour rendre l’hiver plus « supportable » car pour ceux qui y ont habité, ses hivers sont aussi impitoyables que ses maringouins en été. Winnipeg à son Festival des voyageurs, le patinage sur les rivières et aussi une compétition internationale de « Warming Hut » ou « Hutte de réchauffement » qui attire les architectes et artistes du monde entier.  Cette année même Anish Kapur, artiste mondialement connu, auteur de la sculpture en forme de fève en acier inoxidable du Millenium Park à Chicago créera une de ces huttes.

 

La ville d’Edmonton est sur le point d’adopter une nouvelle politique hivernale intitulé « Winter design Policy ».  Celle-ci propose des stratégies de conceptions urbaines innovatrices et spécifiques à l’hiver qui ont pour objectif de transformer la capitale albertaine en un modèle international de ville d’hiver. Il s’agit donc de changer la façon de concevoir nos villes en cherchant, à la base, à minimiser les effets du vent et maximiser l’exposition au soleil. Par exemple, on va encourager les îlot urbains délimités par des rues plus courtes pour réduire les distances de marches pour les piétons ; mettre en place de plus petite marge de recul pour créer des milieux urbains plus compacts, créer des espaces « piège à soleil » avec des matériaux qui absorbent la chaleur ; encourager la plantation d’arbres qui réduit l’effet des vents ou dans d’autre cas, permet un meilleur ensoleillement ; placer des bancs dans les parcs pour qu’ils soient face au soleil ; au niveau architectural la création de bâtiments avec des couleurs pour promouvoir l’intérêt visuel et encourager une meilleure interaction entre les espaces intérieurs et extérieurs.  On ira même jusqu’à encourager l’art public à servir d’écran contre le vent.  Donc beaucoup d’idées pour adoucir l’hiver.

Environnement Canada conclu que l’on peut se sentir 10° Celsius plus chaud dans une journée froide si l’on conçoit des espaces qui justement tiennent compte du vent et du soleil.

 Est-ce que l’on fait des choses ailleurs pour faciliter les déplacements ?

Alors oui, de plus en plus de villes et agences de transport rendre l’hiver plus agréable pour leurs usagés. Par exemple, Metrolinx vient d’ouvrir une nouvelle station GO, Gormley à Richmond Hill, qui possède des abris chauffés.  Aussi, la conception des stations de trains légers comme le Eglinton Crosstown prend en considération les éclaboussures de « slush » et l’exposition aux vents, ce qui est important sur les grands boulevards. Aussi, on pense à intégrer des plateformes chauffantes aux stations pour faire fondre la neige.

 

Aussi, on voit de plus en plus de pistes cyclables à travers le monde être déneigées.  Au Canada, la plupart des grandes villes, dont Vancouver, Calgary, Winnipeg, Toronto, Ottawa et bien sûr Montréal, ont des programmes de déneigement.  Ces programmes prennent de l’ampleur d’année en année. Il n’est plus rare de voir des gens qui font du vélo en plein mois de février.

Est-ce que l’on va dans la bonne direction ?

Selon moi oui. Dans le passé, nous avons créé des grands mails, des passerelles aériennes et des tunnels pour éviter de faire face à l’hiver mais ces solutions ont généralement eu des effets négatifs sur la santé et la qualité de vie de nos villes, de leurs rues principales et de leurs espaces publics. C’est encourageant de voir que de plus en plus de villes adoptent des stratégies et des politiques qui encourage la créativité et un design qui tient compte des particularités hivernales et ce afin de rendre plus accessible, confortable et vivable l’expérience de l’hiver pour tous…